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Motion visant à exhorter le gouvernement à condamner et à sanctionner les agissements antidémocratique du gouvernement de la Birmanie

L'honorable Mac Harb, conformément à l'avis donné le 8 décembre 2004, propose :

Que le gouvernement du Canada condamne vigoureusement la prolongation de la résidence surveillée de la leader pro-démocratie Aung San Suu Kyi, ordonnée par la junte militaire de Birmanie, et réclame la révocation immédiate de cette mesure, l'introduction de réformes démocratiques et le respect des droits de la personne et, en outre, que le gouvernement du Canada, en qualité de leader international en matière de défense des droits de la personne et des institutions démocratiques, estime qu'il est de la plus haute urgence de prendre les mesures suivantes : mettre en œuvre des mesures économiques efficaces contre le régime militaire; alourdir les sanctions diplomatiques, notamment interdire à la junte militaire birmane de participer activement aux manifestations de promotion du commerce et des investissements ayant lieu au Canada; et accroître l'assistance aux réfugiés birmans dans les régions frontalières des pays contigus et à ceux qui sont dans le besoin en Birmanie même, par le truchement d'organisations non gouvernementales responsables et d'organismes des Nations Unies.

Honorables sénateurs, d'entrée de jeu, je voudrais remercier ma collègue, madame le sénateur Andreychuk, qui coparraine cette motion.

Je commencerai mes observations brèves en citant un extrait de la déclaration de l'archevêque Desmond Tutu figurant dans le document Ready, Aim, Sanction, A Special Report, publié en novembre 2003 par Alsean-Burma. M. Tutu a écrit ceci :

En Afrique du Sud, lorsque des gens demandaient des sanctions internationales, ils étaient souvent méprisés, ignorés ou déçus. Pour démanteler l'apartheid, il faut non seulement de la volonté, de la foi et des efforts acharnés, mais aussi d'intenses pressions et sanctions internationales.

En Birmanie, le régime a ravagé le pays et le peuple pour avoir les moyens financiers de se maintenir illégalement au pouvoir. Les gouvernements et les institutions internationales ne doivent pas se contenter de gestes symboliques ; ils doivent couper les ressources financières de la junte militaire de la Birmanie par la mise en œuvre efficace de sanctions.

Honorables sénateurs, le dernier gouvernement élu démocratiquement en Birmanie remonte à 1962. Cette année-là, le régime militaire brutal a pris le pouvoir. De nouveau, en 1988, de milliers de manifestants non armés ont été massacrés d'une manière sanglante dans les rues. Depuis, les violations des droits de la personne ont augmenté et les conditions socioéconomiques et politiques se sont détériorées radicalement. La junte militaire gouverne sans constitution ni loi depuis 1988.

En juillet 1989, la populaire leader démocratique Aung San Suu Kyi faisait l'objet d'une assignation à résidence, pour avoir « mis l'État en danger ». Elle est emprisonnée dans sa résidence depuis 15 ans. En 1990, la Ligue nationale pour la démocratie, dirigée par Aung San Suu Kyi, remportait une éclatante victoire lors d'élections multipartites. En dépit de vives protestations, elle continua de faire l'objet d'une assignation à résidence et, dans un climat bannissant totalement la liberté d'expression au pays, la junte refusa de reconnaître les résultats des élections.

La paix, la démocratie et les droits humains les plus fondamentaux n'existent pas. Des millions de personnes ont été forcées de s'enfuir et sont éparpillées aux quatre coins du monde. Des organismes tels que les Nations Unies, Amnistie Internationale et Human Rights Watch font état de constantes violations des droits de la personne en Birmanie, notamment d'exécutions sommaires ou arbitraires, de viols, de cas de torture, de traitements inhumains, d'arrestations massives, de travaux forcés, y compris dans le cas d'enfants, de réinstallations forcées ainsi que de dénis de liberté de réunion, d'association, d'expression et de circulation. Le quart des foyers du pays vit avec moins que le revenu de subsistance, et trois enfants sur dix souffrent de carence alimentaire.

Les rassemblements politiques sont interdits et les partis politiques tels que la Ligue nationale pour la démocratie, dirigée par Aung San Suu Kyi, font l'objet d'une surveillance étroite, leurs membres étant victimes de harcèlement ou arrêtés. Amnistie Internationale estime qu'au début de 1988, au moins 1 200 prisonniers politiques étaient détenus ou emprisonnés dans des conditions difficiles en Birmanie. Par ailleurs, Amnistie Internationale a recensé au moins 20 centres de détention où des interrogatoires ont été menés et où des prisonniers ont été battus, ont reçu des chocs électriques ou ont subi d'autres formes de torture. De plus, un grand nombre de prisonniers sont morts au cours de leur détention. À l'heure actuelle, la Birmanie est aux prises avec une crise dans les secteurs de la santé et de l'éducation.

Selon des statistiques des Nations Unies, la junte consacre 22 p. 100 de plus à des dépenses militaires qu'aux fins réunies des soins de santé et d'éducation. Trois enfants sur dix ne prennent jamais le chemin de l'école, tandis que seuls 40 p. 100 de ceux qui fréquentent l'école terminent leur cours primaire.

Les universités birmanes ont été fermées la majeure partie du temps au cours des 12 dernières années en raison d'un soulèvement étudiant. Depuis 1988, les militaires ont ouvert brièvement les écoles postsecondaires pour les fermer aussitôt, lorsque les étudiants ont réclamé des réformes.

La dictature militaire réprime toute opposition par l'ampleur de ses services de renseignements militaires et de ses forces armées, celles-ci ayant plus que doublé depuis 1988 et comptant près de 500 000 membres, dans un pays qui n'a absolument aucun ennemi extérieur.

J'invite les honorables sénateurs à appuyer cette motion pour signifier non seulement aux Canadiens mais aussi à leurs amis du monde entier que notre pays se soucie de la situation en Birmanie et souhaite la restauration de la démocratie dans cette partie du monde.